Les naufragés du temps

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Le départ

Florian courut, la clé dans la main, jusqu’à la boîte aux lettres. Il n’y avait qu’un simple journal. Marine accourut vers lui et lui prit le journal des mains. Elle lut la première page : « Une femme de soixante dix ans est atteinte d’une maladie vieille de mille ans. »

Pauvre grand-mère, clouée dans un fauteuil pour l’éternité. Elle qui disait toujours qu’elle ne supporterait pas de vivre sans bouger. Elle qui était si dynamique, si drôle et surtout si casse-cou.

Florian et Marine allaient la retrouver, triste, statique, et beaucoup moins drôle. Ils ne voulaient pas partir, de peur de la voir si morne. Mais ils voulaient malgré tout la réconforter.

Ils avaient tout préparé pour le grand jour : les valises, les jeux, et surtout les cadeaux. Leur grand-mère, d’une nature explosive, n’aimait que les cadeaux farfelus. Marine et Florian l’adoraient pour son originalité.

Tous deux firent un signe d’adieux à leurs parents avant d’entrer dans le train. Les places n’étaient pas encore occupées et ils s’assirent l’un à côté de l’autre, en face de deux sièges vides. Ils attendirent les autres passagers afin de partir. Ils ne parlèrent pas, ils étaient très calme ce jour- là. Un homme vint s’installer devant eux. Il n’avait pas l’air très commode : avec sa grande barbe blanche et son crâne rasé, il ressemblait à un savant fou. Marine et Florian ne bavardèrent pas avant le départ du train, l’homme à la barbe non plus. Mais lorsque le wagon commença à glisser sur les rails, l’homme se mit à marmonner dans sa barbe. Il racontait de bien drôle de choses, des paroles incompréhensibles. Marine commençait à avoir peur, elle prétendait que c’était un fou, un magicien, un sorcier. Florian la rassura en lui disant que ce n’était sûrement qu’un simple savant.

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L’homme à la barbe